LE MOUVEMENT

Posté par moust@rchid le 31 mars 2011

Parler de la genèse du Mouvement des Moustarchidines revient à le situer dans le contexte politico-religieux dans lequel il a vu le jour. En effet, ce Mouvement est né à la fin des années 70,  une période de renouveau islamique,  qui marque une étape décisive dans l’histoire de l’Islam contemporain.  Pourtant, un demi- siècle plus tôt, les couleurs des images et décors du monde n’étaient pas celles de la religion. Dieu, sous ses différentes appellations, ne présidait pas la définition et l’organisation de ces décors. Probablement, regardait-il, encore effaré, l’effroyable carnage des deux guerres mondiales et se désolait-il des violences inutiles des nombreuses guerres de décolonisation où,  fort heureusement, son nom n’était pas invoqué. Les Papes en ce temps là, se déplaçaient rarement, s’occupant de dépoussiérer l’Eglise romaine, de l’ouvrir sur les autres religions et sur les peuples du tiers monde.

Pour qui ouvrirait un album de photos de l’Orient remontant à cette époque, il y verrait bien peu de barbes islamiques, encore moins pour les femmes, de voiles islamiques. Ce qui frappait alors, c’étaient les habits ‘ mao’. En Europe ou aux Etats-Unis, on voyait peu de kippas sur la tête des juifs, peu de croix sur la poitrine des chrétiens. Le monde paraissait alors vivre sans l’omniprésence de Dieu.

A la faveur de la décolonisation qui libère de vastes zones du monde, une morale simple, laïque et humaniste, semble acquérir une universalité qu’elle n’avait pas jusque là acquise (droit des peuples à disposer d’eux mêmes,  coopération internationale en vue d’une meilleure répartition des richesses du monde etc.). Dieu avait-il besoin, de ce fait d’une revanche comme l’a affirmé plus tard le français, spécialiste de l’islam, Gilles Kepel dans son ouvrage intitulé La Revanche de Dieu.

A la fin des années 70,  précisément en 1979, en pleine guerre froide, s’est produit un évènement annonciateur des temps à venir : en Iran, une révolution religieuse  balaie la vieille monarchie et s’en prend à tous les symboles de la modernité. En Afrique, on assiste à une remise en cause systématique et globale des régimes politiques fondés sur un comportement de parti unique. S’y ajoute un profond discrédit des institutions mises en place au lendemain des indépendances. Certains analystes ont parlé alors d’un ré enchantement du monde avec des économies sinistrées.

Au Sénégal, on assiste à une crise de l’Etat  qui a renforcé ses capacités de maintien de l’ordre avec la création d’appareils répressifs, spécialisés dans la gestion des émeutes urbaines (GMI). Les populations en général, surtout les jeunes ressentent durement les conséquences de la crise économique tel que le chômage qui affecte les diplômés de l’enseignement supérieur. A l’arrière plan des échecs économiques et leurs contrecoups sociaux, se profile une revendication généralisée pour une meilleure participation des jeunes à la prise de décisions qui engagent l’avenir de la nation. Malgré les politiques d’ajustement structurel, on assiste à des manifestations tous azimuts; ce que J.F. BAYART appelle les ?  débordements de société? dans son ouvrage intitulé La Revanche des Sociétés Africaines.

La nécessité s’impose alors pour la jeunesse de trouver un nouvel espace socio -culturel dans lequel elle pourra s’exprimer. La recherche de cet espace se traduit par une double rupture: jeunesse / productions culturelles étrangères, jeunesse / pratiques islamiques traditionnelles.

Tout ce décor va faire le lit au Sénégal de revendications identitaires d’obédiences islamistes et confrériques avec des objectifs aussi divers que variés.    

On note ainsi un courant islamiste d’inspiration iranienne qui prône un Etat islamique par l’application de la charia ; un courant réformiste et un courant confrérique. C’est dans ce troisième courant qu’il faut inscrire les moustarchidines.

Sorti du giron de la tidianiyya, ce mouvement prit naissance dans la cour du Khalif Ababacar SY. Ses premiers adhérents furent les petits fils de ce dernier qui, encadrés par Serigne Moustapha SY et son frère Serigne Mansour menaient des activités éducatives auxquelles ils conviaient leurs congénères.

En 1978, lors d’une conférence à keur Dieumb NDIAYE, Serigne Cheikh Tidiane SY a reproché à la jeunesse de n’avoir pas profité de la décennie 68-78 qui, pourtant lui était destinée. Après 10 ans de révolte et de revendications, elle doit faire son méa culpa pour se consacrer à relever les multiples défis qui l’interpellent.                    

En 1980, Serigne Moustapha SY sensible au message du guide, va sortir le Mouvement du microcosme familial pour élargir ses bases vers les autres foyers religieux où Serigne Babacar SY et Serigne Cheikh Ahmed Tidiane SY comptaient de nombreux disciples. C’est le cas de Saint Louis terre natale du khalif, Tivaouane capital de la Tidianya, Kaolack, d’où est originaire sa grand-mère Sokhna Astou Kane, Rufisque qui a servi de retraite spirituelle à son grand-père Serigne Babacar, et Dakar où son grand-père Maodo a édifié une zawiya qui contribua au rayonnement de la voie tidiane. En 1985 déjà, la quasi-totalité des grandes villes du Sénégal étaient acquises à la cause moustarchide. Cette percée s’explique aussi bien par la stratégie d’intervention du Responsable Moral que par son programme d’action.Sources : mémoire de maîtrise sur les moustarchidines par Makhary Mbaye
Thème naissance et évolution du DMWM soutenu en 2002 à l’UCAD

A suivre…

 

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Posté par moust@rchid le 31 mars 2011

 dans SPIRIRUALITE serigne_babacar_sySerigne Ababacar SY est l’une des figures emblématiques qui ont écrit les belles pages de l’histoire de la tidianiya. Dans un contexte de crise des valeurs, où les repères se perdent, les références s’effilochent, il urge de revisiter la personnalité mystique de ce grand homme qui reste un viatique pour la jeunesse. En ce vendredi marquant l’anniversaire du décès du saint homme, nous voulons soulever la problématique du califat et particulièrement celui de Serigne Babacar dont l’intronisation à la tête de la tidianiyya n’a apparemment pas été simple.

Le mot khalifat est mentionné deux fois dans le Coran ; l’un se referant à Adam

;…و إذ قال ربك للملائكة إني جاعل في الأرض خليفة قالو أتجعل فيها من يفسد فيها

Lorsque ton seigneur confia aux anges : «  je vais établir sur la terre un vicaire « khalifa » ils dirent «  vas-tu y désigner un qui y mettra le désordre… » et l’autre à David, dans un contexte suggérant fortement l’idée de souveraineté «  Nous avons fait de toi un lieutenant ( khalifa) sur la terre, juge les hommes selon la justice » ( XXXVII- 26)

يا داوود إنا جعلناك خليفة في ا لأرض فاحكم بين الناس بالحق.

Le califat historique commence à la mort du Prophète, lorsque Abu Bakr lui succède à la tête de la communauté musulmane. L’événement a ouvert des scissions notoires dans les rangs des fidèles. Le fait que l’apôtre n’ait désigné explicitement personne pour le succéder précipite ses adeptes dans une guerre de succession. Ibn Athir précise qu’Abu Bakr présida la prière trois jours durant , avant la mort du prophète ; ce qui lui conférait l’autorité par délégation aux yeux des sunnites. Certains, trouvant cet argument non plausible proposèrent la « shura », d’autres faisant preuve de démocratie voudraient qu’on choisisse un calif parmi les «  muhajjirin » ou les mecquois et un calif parmi les «  ansar » ou médinois. L’on se demandait alors s’il fallait trouver un chef pour la communauté musulmane ou un Maire pour la ville de Médine.

Cependant, la situation fut apaisée par le serment d’allégeance du vaillant Oumar Ben Khatab à l’endroit d’Abou Bakr. Ce dernier ira même jusqu’à menacer quiconque refusera de se plier à sa décision.

Ainsi donc un prétendant ne pouvait accéder au califat sans susciter des protestations; c’est ce qui explique le climat de tension qui prévalait lors de l’intronisation de Serigne Ababacar Sy.

Contrairement à la tradition mouhammédienne, El hadj Malick Sy avait prié pour que l’exercice du califat soit assuré à jamais par ses descendants. Jusque là, la succession de père en fils était inconnue des annales de la tariqa. Aussi le cas de Tivaouane constitue-t-il une première dans l’héritage de Cheikh Ahmed Tijani, quand on sait que ni El Hadji Omar, ni Alpha Mayoro, ni Mouhammad Ghali, encore moins le Cheikh lui-même n’ont eu pour héritier leur propre fils mais leurs fidèles disciples.

Pour le cas de Maodo, son principe relevait d’une volonté de garder la cohésion sociale après sa mort. Serigne Abdoul Aziz Sy (junior) explique que s’aurait été la désignation d’Ababacar Sy à la tête de la confrérie, chacun des muqaddams exercerait isolément son propre califat. L’ont sait qu’ El hadj Malick SY a formé des disciples élevés au rang de muqqaddam qui sont tous dignes de le succéder car remplissant tous les critères sur tous les plans, mais le patriarche disait à qui veut l’entendre  : «  il ne m’appartient pas de choisir … c’est un problème qui dépasserait largement mes prérogatives ». Effectivement d’autres que lui m’ont choisi, confirme Seydi Ababacar SY, c’est une question de consensus où les esprits rachitiques n’ont pas de place. Et le calif ira plus loin en laissant entendre : «  méme si j’étais un descendant de Kàgne ( un coupeur de route, habitant dans la forêt située entre Pout et la ville de Thies, d’où le nom « alou kagne », je serai calif de Maodo et de Cheikh, le fondateur de la voie.

Donnant son point de vue sur la question, Serigne Cheikh Tidiane SY soutient que c’est Dieu qui a créé les hommes mais c’est le colonisateur qui a créé les personnages. Et le marabout de poursuivre : « le mot calif général n’étant qu’une expression coloniale m’a toujours rebuté…un peu comme le mot « marabout » d’ailleurs, mot que j’ai toujours considéré comme une appellation berbère sinon barbare ».

Principalement, le conseil des muqqadam avait dégagé certains critères qu’il faut incarner pour postuler au califat : être d’une piété exemplaire, être bien pénétré des connaissances religieuses et des secrets de la confrérie mais surtout un homme vertueux. A la lumière des témoignages sur l’homme, Serigne Babacar était vraiment l’homme de la situation.

Sur le plan moral, Hadj Seydou Nourou TALL disait à Serigne Mounirou SARR : «  le mérite de votre oncle Seydi Ababacar SY, c’est de ne jamais chercher à plaire, évitant ainsi de jouer avec la foi de ses disciples. Il s’est toujours montré respectueux du fond mais aussi des apparences de chacun ». En cela, Serigne Cheikh Tidiane SY revient sur les qualités morales et intellectuelles du calif  dans un poème panégyrique dédié à son père :

و لقد ألفت أب الحبيب و علمه يكفي المريد إذا أتاه نزيلا

و ألفته والصالحات غناؤه و رأيته يشفي بذالك عليلا

Cependant, ces supputations qui ont accompagné l’intronisation du calif se sont vite apaisées, car le saint homme, dés son accession au califat va consolider les enseignements de son père El hadj Malick SY en veillant sur ces quatre éléments que sont la charia, les dahira et la ville de tivaouane et le travail. Et si EL hadj Malick SY a beaucoup œuvré pour la multiplication des zawiyya, l’époque de Seigne Babacar SY sera marquée par la prolifération des dahiras qui auront un impact sur la vie sociale, économique et politique des fidèles.

A la lumière de ce qui précède, l’on peut dire que Serigne Babacar SY, pour la succession du patriarche El’hadj Malick SYrépondait au principe “ l’homme qu’il faut à la place qu’il faut”. Son jeune âge n’était pas un alibi convaincant dont pouvaient se servir ses détracteurs pour le disqualifier, car aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années.

 

source: moustarchidine.com

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ACROSTICHE SUR MAME CHEIKH AHMET TIDIANE SY

Posté par moust@rchid le 30 mars 2011

Nous avons essayé d’écrire un acrostiche sur Mame Cheikh Ahmet Tidiane Sy intitulé Phare de la spiritualité .Comme vous le constatez, nous avons pris CHEIKH AHMET TIDIANE SY qui est composé de vingt lettres et y écrire le texte. Ainsi on a vingt vers (vers libres) qui débutent par chacune des lettres qui composent le prénom et le nom. Vous le constaterez aussi le premier vers et le dernier vers sont terminés par le mot spiritualité, donc le mot spiritualité encadre le texte. Tout ceci c’est pour simplement montrer la dimension spirituelle du Cheikh. Aussi dans chaque ligne nous avons le son [e] « é », qu’on retrouve dans clarté, éclaire,…, ce qui fait l’insistance sur l’idée de lumière. D’où l’emploi d’un procédé d’accumulation qui traduit la dimension spirituelle de Mame Cheikh Ahmet Tidiane Sy. Tout est lumière chez Lui. Par Lui on peut comprendre qu’il est possible d’arriver, par des pratiques à un état de pureté morale et de spiritualisme tel que l’on puisse voir Dieu face à face et se sentir à Lui.

 

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Phare de la spiritualité

 

Cachet de la spiritualité,

Homme de Dieu entériné,

Eclairé des réalités essentielles,

Interprète des désirs des âmes éternelles,

Kamal, Vous l’Êtes

Hégémonie de la sainteté, le détenteur vous en êtes,

 

Almaktoom rattaché à Almakhtoom, nos

Honneurs à vous, vrais, sont vos

Multiples attributs d’essence

Elucider, par l’éloquence

Tout ce qui est derrière le texte coranique, vous revient. À

 

Témoin votre état

Intimité intime d’où « Goor ga sa rookh bë ».

Discours révélateur, éducateur et formateur minutieux,

Immensité du savoir suffisent comme

Assurance de votre prophétie même

Notation de votre homonyme, vous le méritez bien. D’autant

Elite de la philosophie Muhammadienne de tous les temps

 

Sagesse, savoir, sainteté

Y demeurent en votre personne spécifique à la spiritualité

 

 

 

 

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CHEIKH ELHADJ MANSOUR SY MALICK : L’ Ombre de Maodo

Posté par moust@rchid le 30 mars 2011

Après Sidy Ahmad Sy et Seydi Ababacar, El hadj Mansour Sy est l’un des fils d’El hadj Malick Sy qui ont marqué leur époque. Fils et neveu à la fois de Maodo, El Mansour ou affectueusement appelé plus tard Balxawmi, est l’aîné de son siècle, puisqu’il voit le jour en 1900. D’une mère très dévouée au service du cheikh (Mame Safiètou[1]), il (El Mansour) est la consécration ou la réalisation d’une prière formulée par Maodo à l’endroit de sa sainte mère selon des sources très proches de la famille. Pure produit de l’école de Maodo dont il est l’unique fils qui a fait toutes ses études auprès de son père, Seydoul Xawmi incarne avec la mesure qui sied qu’ « aux âmes bien nées, la valeur n’attend point le nombre des années ». En effet, sur les sentiers de Maodo, ce prodige, et d’ailleurs très tôt fin lettré, a très vite assuré les correspondances de son illustre père avec les érudits et intellectuels du monde entier dans un registre d’une rare maîtrise que l’on attribue au plus parfait connaisseur. On peut citer parmi ceux-ci Imam Soukeyridji, El Hadj Abdoulaye Niasse, Chérif Younousse et tant d’autres moqadames.[2]



L' Ombre de Maodo

Par ailleurs, suivant les lignes d’André P. de Mandiargues, l’on aura appris que « la connaissance et l’amour ont pour effet d’abolir les oppositions », El Mansour l’aurait compris et ne s’est laissé jamais tenter par la sinécure. Sa voie de quête de connaissance ordinaire et gnostique[3] peu semblable du reste, révèle en réalité que seul celui qui fait fi du bonheur aura la connaissance pure.

Son parcours d’homme de Dieu, sur des sentiers peu praticables montre sa dimension mysthico-religieuse et continue toujours de faire œuvre durable. En ce sens les témoignages de Seydi Djamil[4] (RTA) réconfortent notre opinion sur la complexité de cet homme que beaucoup prétendent connaître. Pour Serigne Moustapha Djamil, ‘’bon nombre d’hommes de Dieu qui ont emprunté ce trajet, finirent par l’abandonner à l’exception de mon distingué maître qui le réussit sans précédent’’.

Ainsi, il est à l’image de Maodo, un guide religieux très énigmatique, doté d’une moralité et d’une probité légendaire. Dans ce sillage, sa préoccupation première est de revivifier les valeurs patriarcales comme il se plairait à le dire : « Il n’y a dans ce monde que la vertu, le savoir et la vérité qui soient dignes de m’occuper ».

Le patriarche, l’indulgent, l’élégant, le savant, l’éducateur, le mystique ou encore plus connu sous le surnom de Balxawmi, El Mansour est très vite adulé et a reçu des distinctions et des mérites sans complaisance. En guide éclairé, il a su montrer la voie avec de la manière, ainsi, combien de fois a-t-il fait feu de tous bords grâce à sa forte personnalité et son image de marque. Son savoir vivre et sa témérité dans le bon accomplissement du devoir font école et touchent les rivages outre atlantiques.

La jurisprudence, la littérature, la grammaire, la poésie, la prosodie, l’analogie, l’histoire, les sciences occultes, la gamme des connaissances investies par cet héritier de Maodo avec succès est très riche et aussi vaste. En d’autres termes, il est un savant, un encyclopédiste qui a rendu à la science ses véritables lettres de noblesse. De ce fait, celle-ci continue encore de verser des larmes pour avoir très tôt perdu une stature intellectuelle et religieuse à nulle autre pareille.

Mame Mansour demeure plus que jamais un maître incontestable, enviable dans le monde des universitaires férus de mérites, de grades et de distinctions. Ce qui lui augure cette facilité à toujours faire leçon aux siens et d’orienter les adeptes sur la voie de la droiture, de l’éthique et de la déontologie religieuse par le biais d’une plume experte et aussi alerte.

Versant toujours dans cette même logique, les hommes formés à son école marquent leur époque et occupent des standings tant convoités dans le milieu temporel que spirituel. On peut en citer entre autres, Seydi Djamil, Borom Daradji, Serigne Mbaye Mansour et j’en passe. A travers eux, on peut sentir la saveur et le mérite de ce majestueux homme d’ouverture, de dialogue, de paix, de pardon et de patience qui force toujours l’admiration.

En d’autres termes, un guide pétri de qualités dont la stature intellectuelle fait de lui un homme de goût. Un érudit hors paire, la noblesse dans l’âme, El hadj Mansour incarne l’idéal d’un homme de Dieu épris de justice, de paix, de moralité, de droiture etc. en un mot il est la réincarnation parfaite des valeurs de la sainteté. Avec lui, on aura appris que le baobab tient par la profondeur de ses racines et la qualité de sa sève.

Il est un baromètre pour sonder le charme et tout le mérite de la famille de Seydil Hadji Malick (RTA). N’est ce pas Serigne Babacar Sy qui le nommant inspecteur de la tijaniya affirmait qu’il a l’honneur et la fierté de compter dans ses rangs un frère que tout érudit de son époque aurait souhaité avoir dans les siens ? N’est ce pas Dabakh, l’homme au sourire légendaire, qui jurait qu’il n y a point d’égal à l’homme aux deux turbans[5] (borom ńaari kaala yi) au sein de la famille de Maodo? Les fidèles ne lui ont-ils pas attribués le titre de ‘’moudjibalkhawmi’’ le phénomène ou le miracle de son époque ? Pour nous donc, c’est un homme doté d’une capacité d’élévation, de dépassement, de reconsidération hors paire que la société devrait méditer d’avantage pour redorer son blason.

Un homme très énigmatique, ce réceptacle de savoirs est un parfait connaisseur du Prophète (PSL) comme pourrait-on le remarquer d’ailleurs, à travers ses poèmes. ‘’Haraftu li Salma[6]et yaa Zabyatane bizi Salam[7]’’ dont le recoupement avec la littérature sur le Sceau de la prophétie montrent tout le charme et toute la richesse de sa plume. A travers cette oeuvre sur le prophète (PSL), il démontre clairement la particularité et la différence existentielle entre Mohamed (PSL) et le reste de l’humanité depuis le monde des âmes. Sa parfaite disponibilité à renseigner sur le célèbre homme de Tivaoune, à travers des écrits très séduisants, hisse le saint homme à un rang incontournable pour qui veut étancher sa soif de connaissance sur Maodo. Pour lui, en effet, ce géant de l’Islam est ‘’l’abreuvoir des saints férus d’un modèle d’entendement digne des véritables héritiers du prophète, à qui il faut toujours prêter une oreille attentive’’. Autrement dit, Maodo, ‘’c’est le maître incontestable dans l’assemblée des savants, le formateur de grade exceptionnel qui a rendu accessible les questions qui restaient jusqu’ici sans réponses convaincantes pour les plus grands chercheurs’’.

Par ailleurs, le contenu de son message requiert toujours une touche relativement intellectuelle et très sociologique qui a une valeur de leçon inaugurale à laquelle on est habitué dans les rentrées solennelles des grandes universités. En guise d’illustration, face à un monde en crise, face à une situation enflammée, ses compendiums suscitent toujours le refus de la bassesse au profit d’une issue salvatrice. En grand prospectiviste, si nous nous référons à ‘’uusikum ayyouha shubbânu[8] ou Abdoul Aziz ahirnil qalba uusika[9] ou ayâa saaxi sabranne[10]’’ nous affirmons avec énergie que son œuvre est un réceptacle de solutions pour les maux dont souffre notre société.

En effet, dans le premier poème, il établit le comportement et le polissage appropriés pour une jeunesse, qui ‘’doit avoir comme seule viatique la quête de connaissance fondée sur l’observance des vertus’’. Ainsi, pour lui, l’élève doit vouer un grand respect au maître qu’il doit toujours solenniser et sanctifier pour bénéficier de sa baraka et de ses attributs apparents et/ou occultes’’.

Concernant le second, les guides religieux y trouvent une source intarissable de conseils prodigués à Mame Dabakh (RTA) dans un monde où les vertus se raréfient. Les questions de l’éthique et de la déontologie des guides religieux sont passées en peigne fin d’une manière qu’on ne porterait plus au pinacle. L’une des recommandations mériterait d’être évoquée pour voir sa sentence dans le comportement de son jeune frère Moulaye Dabakh à l’épreuve. ‘’ Ne traites jamais de manière distingué ce qui viennent vers toi selon qu’ils soient riches ou pauvres, bons ou méchants.
Renseignes-toi au préalable de manière rigoureuse avant de poser des actes qui pourront porter préjudice à la plus petite entité sous ta responsabilité. Ne te laisses point emporter par l’applaudimètre qui voit en toi une personne différente du commun des mortels, car la meilleure des créatures était très humble.’’

Pour le troisième poème, ce formateur hors norme transforme la colère de l’adepte ou du prochain en vertu cardinale par l’intermédiaire de la patience et de la tolérance. Pour lui, ‘’la tolérance est la charité de l’intelligence’’ pour paraphraser Jules Lemaître. ‘’L’indulgence doit être dans nos articulations pour faire face à la vague destructrice qu’est la colère. Alors, sois patient pour être méritant, car tôt ou tard justice sera faite et tu seras dignement fêté.’’

Père de deux aimables figures de notre époque, Serigne Mbaye Sy Mansour et Sokhna Fatou Sy (épouse de Serigne Mansour Borom Daradji), Balxawmi a montré à tout le monde que la persévérance, le culte de la tolérance, le dépassement et l’expression de la connaissance en adéquation avec les recommandations divines et prophétiques sont les piliers sur lesquels nous devons construire un modèle sociétal. Sa solide philosophie, fait de lui un modèle de soufi, et offre une riche grille de lecture qu’il faut d’avantage promouvoir pour ramer à contre courant du renégat des valeurs.

Sa disparition mémorable, ce soir du 29 mars 1957, plongea le monde entier dans l’émoi et la consternation et fît de la relation savoir/pratique le plus grand orphelin. Les nuages battaient le pavé dans ce ciel très sombre et très triste de Tivaoune, quelques jours après le décès de Khalifa (RTA), apportant la crispation, la désolation et l’inquiétude de toute la Umma. Une courte vie certes (57ans), El Mansour suscite toujours une vive émotion pour nous disciples et simples citoyens. Reposant prés de son père comme il l’avait prédit, sa proximité avec son maître ne saurait se limiter au monde terrestre. Il l’accompagne toujours fidèlement dans le monde des âmes avec une complicité sans égale.

Comprenez notre inquiétude, chers lecteurs, lorsqu’il s’agit d’un personnage aussi énigmatique que cet homme, on perd forcément sa logique et sa rhétorique. Qu’Allah soit entièrement satisfait de lui et fasse que l’on puisse méditer et revêtir les valeurs capitales qu’il nous a léguées.

Amsata Niang

Doctorant en Sociologie Email : niang.amsata@yahoo.fr

[1] Cousine de Maodo du côté paternel [2] Dignitaires religieux agréés dans l’ordre tijani

[3] Relatif au système de pensée philosophico-religieuse qui se fonde sur une révélation intérieure, permettant d’accéder à une connaissance des choses divines réservée aux seuls initiés et permettant de saisir les mystères amenant au salut.

[4] A propos de son installation à keur Pathé Khéwé, un chantier très sinueux et dangereux à la vie humaine qu’il a transformé en zone accessible et très paisible.

[5] Surnom donné à El Mansour de par son style vestimentaire très distingué.

[6] Poème encore appelé le Yâiya dédié à son homonyme (PSL)

[7] Poème dédié au Prophète (PSL) encore appelé Mîmiya

[8] Poème, conseils et orientations à la jeunesse et aux étudiants

[9] Poème, recommandations et orientations à Mame Dabakh dans un monde en crise

[10] Poème, conseils et orientations à un proche victime d’une grande injustice

Par Amsata NIANG

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